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mardi 14 juillet 2015

Barcelone à deux

Nous avons passer la semaine à Barcelone en amoureux. David était déjà en Espagne pour une conférence et je suis venue le rejoindre. Notre hôtel étant situé en face d'une de station de métro, on a facilement eu accès à toute la ville. Le métro est très convivial, il n'y a pas trop de monde, c'est pas cher (une carte à dix euros pour dix trajets) et il y a plusieurs jonctions, ce qui fait qu'on peut vraiment dessiner son chemin. Il y a aussi des ascenseurs à chaque station pour les gens avec des poussettes, des chaises roulantes, des valises ou des bicyclettes. Dans les wagons il y a l'air climatisé, mais on retrouvent quand même beaucoup de gens qui utilisent un éventail pour se faire un peu de vent. Il y a aussi souvent des petits chiens, qui ne sont clairement pas des chiens pour aveugles, mais qui sont apparemment les bienvenus.

Malgré que ce soit le mois de juillet, il n'y a pas exagérément de monde à Barcelone. En fait, comme les attraits touristiques se retrouvent sur toute la grandeur de la ville, les touristes sont dispersés et c'est plus agréable ainsi.


La beauté de Barcelone, de toute évidence, réside dans son architecture grandiose et unique du modernisme catalan, qui a été soutenu par le mécénat de la bourgeoisie de l'époque. L'apogée du mouvement se situe entre 1880 à 1930. Les œuvres de Gaudi, principal représentant du mouvement, sont superbes et donnent le ton à toute la ville avec une ambiance festive et une identité propre. J'ai visité l'intérieur de la maison Batlló, je me demandais si c'était un trappe à touristes pour qu'il y en ait moins dans la rue. C'était peut-être le cas, mais j'ai beaucoup aimé, c'était époustouflant de beauté et d'originalité. Il n'y avait pas une seule ligne droite. Le plafond était façonné en spirale, le carreaux des fenêtres étaient tous courbes et de différentes dimensions, même le plancher de la terrasse avait une légère courbe.
Je connaissais déjà un peu les œuvres de Gaudi étant venue à Barcelone il y a plus de vingt-cinq ans déjà. Mais, je n'avais pas visité les mêmes bâtiments et j'avais un peu oublié. Quoique en revoyant ses œuvres je me suis dit qu'il y avait peut-être quelque chose qui s'était inscrit dans mon inconscient qui avait influencé mon sens de l'esthétisme. J'ai toujours aimé la mosaïque ou le trencadis (nom donné lorsque le motif est fait avec des morceaux de céramique, plutôt que de verre) c'est peut-être là que la graine avait été semé.

Malheureusement, les bijoux d'architecture que l'on peut retrouver au hasard des promenades ne sont pas faciles à prendre en photos. Les édifices sont souvent très hauts, bordés sur une rue très étroite, il n'y a aucun recul possible. Ils n'ont clairement pas été créer pour faire de jolies photos, mais plutôt pour enjoliver le paysage urbain et assouvir une fièvre nationaliste. Les Catalans sont fiers de leur culture et ça se voit.

On peut voir des drapeaux catalans orner les balcons ici et là. J'ai pu pratiquer mon espagnol un peu, mais pas tant que ça. Les catalans semblent préférer parler l'anglais que l'espagnol. J'ai discuté un peu avec une dame qui travaillait dans une boutique de masques de carnaval et comme il n'y avait pas d'autre client, j'ai entamé la discussion. Je lui ai posé la question: les Catalans préfèrent-ils parler espagnol ou anglais avec les touristes? Elle m'a répondu qu'effectivement ils préféraient souvent parler anglais. Selon elle cela s'expliquerait du fait qu'ils luttent toujours en quelques sortes pour préserver la reconnaissance leur langue, mais aussi qu'ils cherchent une opportunité de pratiquer leur anglais. Le catalan a retrouvé son statut de langue coofficielle en 1979, il avait été perdu en 1936. Ils ont des cours d'espagnol à l'école dès la quatrième années, ce qui fait qu'ils le comprennent bien. Par contre, quand on va dans des endroits moins touristique, les gens ne parlent pas toujours l'anglais et là c'est à mon tour de pratiquer un peu l'espagnol.


Entre le catalan et l'espagnol, c'est le catalan qui semble se rapprocher le plus du français. Cela pourrait peut-être s'expliquer en partie par l'emplacement géographique de la Catalogne, mais la partie historique est importante et très complexe. Un exemple: pour dire entrée et sortie en catalan on dit entrada et sortida, tandis qu'en espagnol on dire llegada et salida. Pour dire merci, ils disent merci, comme nous, mais, paraît -ils, en prononçant un peu moins le "r". Leur "s'il vous plaît" se dit "si us plau" qui ressemble étrangement au nôtre mal articulé, le "siouplaît" québécois. Ce qui fait que parmi plusieurs mots qu'on ne comprend pas, il y a soudain un mot qu'on croit reconnaître, mais ce n'est pas suffisant pour comprendre le sens des paroles.

La Rambla, qui signifie sable en catalan, est l'avenue emblématique de Barcelone. C'est une avenue piétonne, construite sur une ancienne rivière sèche, qui traverse la ville en allant jusqu'au port. Il y a plusieurs kiosques pour vendre des fleurs, des cartes postales, des bonbons et autres petites choses aux passants. Il y a aussi les terrasses pour prendre des tapas et un verre de vin. Vers 11h du soir, il y a un second souffle à la journée et les gens sortent prendre l'air. Ils ont fait la sieste, alors ils leur reste un peu d'énergie à dépenser, même les enfants. 
En me promenant sur la Rambla, je suis allée (David était allé voir une présentation à la conférence) jusqu'à la Boquería, qui est comme notre marché Jean-Talon en plus tassé et en plus coloré. En voyant toutes les carcasses d'animaux suspendus, je me suis dit qu'il n'y aurait rien pour moi à manger à cet endroit. Puis, au fond du marché, il y avait un kiosque de nourriture végé avec écrit en gros,"Organic is Orgasmic". Il y avait une grande file, était-ce le slogan qui en avait séduit plus d'un ou y  avait-t-il vraiment un intérêt pour la cuisine végétarienne? En tous cas, il y avait plusieurs très bons restaurants végétariens qui n"étaient pas très achalandé...


Je m'étais dit que ce serait drôle de jouer aux touristes au complet en faisant un selfie de nous  deux en voyage. Ça n'a pas été un succès, disons que ça a été drôle mais pour d'autres raisons. J'avais oublier de virer la caméra de bord sur ma tablette, ce qui fait que j'ai fait un beau sourire en prenant 3 fois le monsieur d'en face en photo... 

On a déniché sur le site Happy Cow (répertoire de plusieurs restos végétariens à travers le monde) un bel endroit où aller manger en soirée, qui s'appelle Catbar. C'est végétarien, donc parfait pour moi et il y est offert une trentaine de bières locales, ce qui satisfait mon autre moitié... Le soir il y a des musiciens et l'ambiance est sympathique. 

Il y a plusieurs incontournables à Barcelone, mais en même temps j'aime aussi observer les gens et parler avec eux si j'en ai l'occasion. Évidemment on est pas ici pour longtemps et on pourrait être tenter de courir pour ne rien manquer, mais on a envie de  juste essayé d'y vivre un peu, peut- être même faire la sieste. Oui, il y a des bâtiments époustouflants d'ingéniosité, mais l'âme de la ville ce sont avant tout les gens et pour prendre le poul de la ville il faut en quelque sorte écouter son rythme.

Nous nous sommes beaucoup promenés, nous avons mangé des tapas, visité des monuments, mais surtout nous avons passé du bon temps ensemble, à deux. Nous ramenons des souvenirs et quelques livres pour poursuivre notre apprentissage de l'espagnol et mieux comprendre la culture du pays. Nous avons choisi le format bande dessinée qui semblait tout adapté pour nous, puisqu'on peut s'appuyer sur les dessins pour mieux comprendre le texte. Une des œuvres s'intitule "El arte de volar " qui relate une histoire se déroulant de la guerre civile d'Espagne jusqu'à nos jours. La guerre civile semble un moment clé de leur histoire pour comprendre l'Espagne d'aujourd'hui. Nous avons aussi ramener des livres sur les magnifiques œuvres de Gaudi.

Et finalement, on a réussi à prendre un selfie de nous deux. On est pas vite, mais on apprend de nos erreurs parait-il.









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